Dans une semaine, je serai en route pour l'aeroport de Chennai. J'ai la sensation d'avoir la tete vide et je ressens a present le besoin de me retrouver dans mon atelier, d'etaler tous les documents, images, informations glanees pendant le sejour et de commencer a tisser...mon propre kolam tel une toile d'araignee ou - plus poetique - un capteur de reves des indiens d'Amerique.

La memoire commence a agir, a trier, a transformer. Une de mes grandes curiosites : les questions qui me seront posees au retour parce que je me demande qu'elles sont les interrogations, les envies de savoir qui emergent de l'autre cote.

gandhi

J'avais aussi envie de mettre quelques photos de ce festival de Kolam organise par le Woman Action Group d'Auroville dans le cadre de la semaine internationale de la femme. 80 participantes sous le soleil de plomb de midi. Un regal car au lieu du bitume urbain, le support etait la terre rouge qui caracterise Auroville. La journee international de la femme a ete relayee dans la presse mais les constats sont peu encourageants s'agissant du controle selectif des naissances (650 filles pour 1000 garcons dans certains etats), niveau de vie, evolution du statut social ou professionnel.

Etant donne la posture etonnante des femmes lorsqu'elles tracent leurs kolams (bien sur, il y a les vertus circulatoires et meditatives), j'emettais cependant l'hypothese d'une metaphore entre cette position pliee en deux, comme un demi-etre, le regard au sol, le nez colle au court-terme du quotidien, explorant les lignes intriquees de leur motif et pas la ligne d'horizon ... et la position sociale de la femme indienne en Inde du Sud.

Vertueuse modestie, absence d'ego. Imaginez la tete que ferait une europeenne qui se serait levee aux aurores et se serait appliquee a faire un bel entrelac si, dans l'heure suivant sa creation, son fils ou son voisin venaient garer sa moto juste dessus ou si les passants la pietinaient sans meme le voir ou lui preter la moindre importance.

festival_Auroville

kolampanier

rangoli